Rencontrons-nous au festival du Vigan

Vous devriez vraiment nous rejoindre au Vigan, en Cévennes gardoises, pour la huitième édition du  Festival “Là-bas, vu d’ici” consacré cette année à l’Argentine et au Chili.

D’abord, le trajet est très beau.  Ensuite, vous avez le Mont Aigoual et le Cirque de Navacelles juste à côté.   Enfin et surtout vous allez adorer l’atmosphère très particulière des rencontres qui y sont organisées.

Ce matin, j’étais invitée à un petit déjeuner littéraire avec Lucie Land

 

La rencontre était animée par Marc Jeanjean, responsable de la médiathèque du Vigan.  Il a eu le mérite de savoir nous faire parler de nos expériences de voyage alors qu’elle sont très différentes, déjà parce que Lucie a vécu en Inde et en Allemagne, alors que moi, j’ai vécu en Argentine et aux Etats-Unis.

Lucie a bien sûr parlé de ses trois romans, Gadji! , Good morning mister Paprika et La Débrouillardise, mais ce qui est intéressant aussi, ce sont les informations qu’elle glisse au milieu de ses “explications”, qu’elle glisse et sur lesquelles elle glisse.

Par exemple, Lucie a appris l’hindi parce qu’arrivée en Inde, elle ne comprenait pas les panneaux de signalisation ou au dessus des échoppes.  Et comme elle parlait l’hindi, elle a rencontré des roms, et comme elle s’est bien entendue avec les roms, hé bien aujourd’hui elle parle le romani.   Je sais pas vous, mais moi je parle anglais, espagnol, et depuis deux ans, j’essaie d’apprendre l’italien.  Je dis bien “j’essaie”.  Le conditionnel et le subjonctif par exemple, j’ai pas encore vu.  Et le futur et le conditionnel, j’ai vu, mais je suis loin de maîtriser.  Alors l’hindi et le romani… Mais ne croyez pas que Lucie fasse la fausse modeste.  Non non.  Elle a vraiment envie de rencontrer les gens, donc si ça signifie apprendre des langues qui à vous et moi paraissent abracadantesques, elle le fera.  Je l’ai vu de mes yeux vu.  Non, pas parler en hindi ou en ourdou ou en je ne sais quoi.  Je l’ai vu, son amour des gens.  Lucie ne peut pas rester assise sur sa chaise à attendre un lecteur hypothétique.  Alors elle part discuter.  A la fin de la journée, elle connaît tout le monde par son prénom.  Sachez aussi qu’elle joue du saxophone.  Et qu’elle a longtemps dû s’occuper d’un piano à queue.  C’est son frère, grand voyageur aussi, qui le lui avait confié, et on ne plaisante ni avec un frère ni avec un piano à queue.  On ne dit pas à un piano à queue “Je suis désolée, mais va falloir te faire petit”.  Un piano à queue, c’est comme un chat, il s’en fout de vos problèmes.  Donc elle lui a trouvé des appartements à sa démesure.  Mais aujourd’hui Lucie vit dans une roulotte.  “Mais pour combien de temps?” lui ai-je demandé.  Moi j’ai besoin d’électricité, de chauffage, d’eau chaude, d’une chambre, d’un lit, d’une bouilloire, d’une bouillotte, d’une cuisine, d’une bibliothèque, et si je peux me passer de piano à queue, j’aime bien les chats.  Donc savoir Lucie dans sa roulotte alors que l’automne arrive, ça m’a inquiétée.  Pas elle.

Bref, quelque chose me dit que ça doit valoir la peine de lire Lucie.  C’est aussi l’impression qu’a dû en retirer le public, nombreux, hyper chaleureux, et avec lequel les échanges ont été très naturels.

(Merci à Géraldine Marin et Gildas Le Masson , un des super bénévoles de ce festival -trop modeste pour parler de ses exploits sportifs…-, pour ces photos)

C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je vous invite à venir à ce festival.  Les échanges ne se limitent pas à une table ronde.  Ils se poursuivent après de manière très organique pendant deux jours, dans les rues de la ville, où on se reconnaît, se salue, et on se met à parler, près des truck food où on mange bio et bon (entre autres chez Gaufronomie), ou au cinéma où sont organisées les projections de documentaires.

C’est là que j’ai passé une partie de mon après-midi, pour y suivre l’aventure à vélo de Stéphanie Fontaine et sa chienne Léla en Amérique du sud, mais surtout pour y voir un des courts métrages d’animation de Géraldine Marin, avec qui j’avais sympathisé dans la matinée, et qui m’avait beaucoup intriguée.

Géraldine est un rayon de soleil qui a l’allure de votre petite soeur ou de votre petite cousine ou de votre petite voisine, mais ne vous y fiez pas, elle est architecte, réalisatrice, marin et a déjà été capitaine d’un bateau, le Tortuga, un voilier de 10,75 m,  avec lequel elle a fait le tour du continent sud-américain.   A chaque ville escale, elle organisait des ateliers avec les artistes locaux, et la ville faisait l’objet d’un court métrage.  Les participants avaient ensuite le temps de la traversée jusqu’au port suivant pour monter le court métrage, utilisant les images d’animation réalisées lors des ateliers.

Alors si vous l’écoutez,  vous avez l’impression qu’être réveillé en pleine nuit par une baleine endormie qui a choqué contre votre bateau ou se battre avec quelques officiers pourris du port de Callao à Lima est aussi simple que de prendre le métro ou de s’engueuler avec quelqu’un qui n’a pas mis son cligno et vous a un peu fait une queue de poisson.  Quant à ses courts métrages, elle en parle comme s’il s’agissait de ces gribouillis qu’on fait parfois sans y penser tout en téléphonant.  Je veux bien qu’aujourd’hui, faire de la vidéo soit soi disant intuitif.  Et c’est vrai que je ne suis pas un bon exemple, moi qui sais à peine poster une photo sur Instagram.  mais quand même…

Enfin bon, laissons plutôt parler les chiffres.   21 000 milles nautiques parcourus sur 2 océans, un an de voyage dont 8 mois passés en mer, 12 pays visités, 16 courts métrages d’animation réalisés, 20 escales et plus de 70 participants aux résidences artistiques et/ou aux navigations…  Si vous ne me croyez pas, allez voir ce qu’elle a fait avec son bato à film.

Je vous raconte la suite demain…

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